Nobel pour Walesa
Le 5 octobre 1983 à deux heures du matin, Lech Walesa décroche son téléphone et entend la voix de Krzysztof Wyszkowski - Lech, t'as reçu le Prix Nobel ! - C'est bien, c'est bien - répond Walesa, encore endormi, et il raccroche. A dix heures du matin, la cour des amis de Walesa se remplit de journalistes. Ils entourent Lech Walesa. Un moment après, un journaliste allemand qui était resté dans la voiture pour écouter la radio s'écrie - Nobel ! Nobel ! Walesa n'y croit pas. A onze heures une radio allemande annonce que le Prix Nobel de la Paix a été accordé à Lech Walesa. La radio polonaise n'en parle qu'à quatre heures de l'après-midi, dans un communiqué sec de l'agence de presse polonaise PAP.
Durant la journée une vraie foule apparaît sous les fenêtres du logement de Walesa. Il se montre et prononce un petit discours.
« Ce prix appartient à tout le monde, c'est un signe de reconnaissance envers nous tous qui voulons aller à la vérité par le chemin de la paix, des accords. Je pense que si l'on est compris par ceux plus intelligents que nous, la preuve étant leur économie ou leur niveau de vie (rires, applaudissements), on finira par être admis, tôt ou tard, dans notre propre pays aussi.
Je crois que l'on s'assiéra ensemble et que l'on réussira à trouver une entente, pour le bien de la Pologne, parce que l'on est condamné à la connivence. Il n'y a pas d'autre chemin. Je crois que le Prix Nobel nous aidera à atteindre ce but. » (Un Chemin d'espoir, Paris, Le Livre de Poche, 1987)
Et puis il ajoute : « Selon moi, ce prix est dirigé au monde ouvrier polonais dont je suis représentant. Pour la volonté et les efforts de reconstruction de la réalité dans l'esprit de la vérité et de la justice que nous avons entrepris. Et aussi pour toute la société polonaise, parce que les ouvriers polonais n'agissent pas dans le néant, tout les groupes ont participés à la formulation des postulats et puis du programme. » (ibidem)
Quelques jours plus tard, à la question si Lech Walesa ira chercher le prix personnellement, il répond : « Est-ce que mes collègues qui sont emprisonnés ou au chômage pourraient m'accompagner à cette occasion ? Si non, c'est-à-dire que le temps de fêter des prix n'est pas encore venu pour moi, même des prix aussi prestigieux. » (Mała encyklopedia stanu wojennego [in] Gazeta Wyborcza Duży Format, 12.12.2006)
La femme de Walesa, Danuta, et son fils Bogdan récupérèrent le prix à Oslo.
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autor: Lech WalesaLech Walesa: Véto du monde entier au nom de la solidarité








